Le coup de gueule d’Olivier (L'argent public)

Le coup de gueule d’Olivier
On nous demande de nous serrer la ceinture… mais qui tient la boucle là-haut ?
Il y a un moment où il faut arrêter de tourner autour du pot.
On ne peut plus demander toujours plus à ceux qui ont déjà de moins en moins.
Depuis des mois, des années même…
on nous explique qu’il faut faire des efforts.
Faire attention.
Réduire.
S’adapter.
Le mot est devenu presque automatique.
Mais dans la vraie vie, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire renoncer.
Ça veut dire compter.
Ça veut dire parfois… se priver de l’essentiel.
Pendant ce temps-là…
En haut.
On continue.
Comme si de rien n’était.
On parle de la télévision publique aujourd’hui.
Des budgets qui gonflent.
Des choix qui interrogent.
Des programmes qui coûtent… parfois sans convaincre.
Et encore une fois, la question n’est pas de tout remettre en cause.
La question, c’est : est-ce que l’argent public est respecté ?
Mais le vrai malaise ne s’arrête pas là.
Il est plus profond.
Plus visible aussi.
Ce sont ces repas officiels, où l’on parle de menus d’exception.
Ces réceptions où l’on affiche un luxe qui n’a plus rien à voir avec la réalité du quotidien.
Ces images qui donnent le sentiment que deux mondes coexistent… sans jamais se croiser.
Et c’est là que ça devient dangereux.
Pas seulement politiquement.
Humainement.
Parce qu’au même moment…
Il y a des gens qui hésitent avant de remplir leur caddie.
Qui regardent leur facture d’électricité avec inquiétude.
Qui repoussent des soins.
Qui calculent tout.
Tout le temps.
Le problème, ce n’est pas qu’il y ait des dépenses.
Le problème, c’est le décalage.
On peut entendre qu’un État doit fonctionner.
Qu’il doit investir.
Qu’il doit représenter.
Mais on ne peut plus accepter qu’il donne l’impression de dépenser…
sans se poser les mêmes questions que ses citoyens.
Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
Oui, il faut aider.
Oui, il faut être solidaires.
Oui, il faut regarder au-delà de nos frontières.
Mais pas en oubliant ceux qui sont ici.
Pas en fragilisant davantage ceux qui tiennent déjà à bout de bras.
Parce qu’à force…
ce n’est pas seulement le porte-monnaie qui se vide.
C’est la confiance qui disparaît.
Et une fois que la confiance est cassée…
Ce n’est pas un discours, ni une réforme, ni une promesse qui la répare.
Alors aujourd’hui, ce n’est pas juste un coup de gueule.
C’est une alerte.
Avant de demander au peuple de se serrer la ceinture…
il faut que ceux qui dirigent montrent qu’ils savent eux aussi tirer dessus.
Pas dans les mots.
Dans les actes.
Parce que gouverner, ce n’est pas seulement décider.
C’est comprendre.
C’est partager.
Et surtout… c’est montrer l’exemple.
Aujourd’hui, beaucoup de Français ne demandent pas des miracles.
Ils demandent de la cohérence.
Du respect.
Et un peu de justice.
Et ça…
ça commence toujours par le sommet.
Olivier – Radio Phonic