| Date de naissance | 1 décembre 1947 |
|---|---|
| Pays | Française |
| Genre | Rock, New Wave, Pop Rock |
| Activité | Acteur, Auteur, Compositeur et Interprète |
| Instruments | Guitare Harmonica |
| Décès | 14 mars 2009 |
Né le 1er décembre 1947 dans le 14ᵉ arrondissement de Paris et disparu le 14 mars 2009, emporté par un cancer du poumon, Alain Bashung reste l’une des figures les plus singulières et marquantes de la chanson française. Fils d’Arthur Bashung et de Poppée Bashung, auteur, compositeur, interprète mais aussi acteur, il repose aujourd’hui au cimetière du Père-Lachaise, parmi les grands noms de la culture française.
Son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. Bien au contraire. Influencé très tôt par Gene Vincent, Eddie Cochran, Buddy Holly et plus largement par les rockeurs américains qui ont bercé son adolescence, Alain Bashung fait ses premières armes à la fin des années 1960. Il devient chanteur du groupe Hill Billy et effectue ses premières tournées sur les bases américaines en Allemagne. Une école rude mais formatrice.
À partir de 1966, il se lance en solo et enregistre plusieurs 45 tours. Les maisons de disques tentent alors de le façonner, certains producteurs rêvant d’en faire un Tom Jones à la française. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Bashung cherche encore sa voie, son ton, son identité.
En 1973, il participe à l’opéra rock La Révolution française de Claude-Michel Schönberg, dans le rôle de Robespierre. Il travaille ensuite avec Dick Rivers, à la fois comme compositeur, musicien et manager. Puis, en 1975, une rencontre va changer le cours de sa carrière : celle de Boris Bergman. Auteur reconnu, Bergman a déjà écrit pour Juliette Gréco, Nana Mouskouri, Aphrodite’s Child, Serge Gainsbourg ou encore Christophe. Entre les deux hommes naît une collaboration artistique forte.
Pourtant, là encore, le succès tarde. Les deux premiers albums, Roman-Photo puis Roulette russe, passent quasiment inaperçus. À tel point que le label Barclay envisage sérieusement de mettre un terme à l’aventure. Malgré quelques titres remarqués comme Bijou, bijou ou J’fume pour oublier que tu bois, Bashung reste un artiste confidentiel.
Et puis arrive 1980. Presque par miracle.
Bergman et Bashung écrivent Gaby oh Gaby. Une chanson poétique, étrange, insolite, presque surréaliste. Mais la maison de disques n’y croit pas. Barclay refuse d’abord qu’Alain Bashung enregistre un nouveau 45 tours. Après de longues discussions, il obtient une dernière chance. Il enregistre le titre.
Lorsque le disque est envoyé aux radios au début de l’année 1980, l’accueil est glacial.
Les programmateurs restent perplexes face à ce texte atypique – « un requin qui fumait a rallumé son clope » – et le 45 tours est relégué dans un tiroir, promis à l’oubli.
Quatre mois plus tard, à l’approche de l’été, les radios cherchent désespérément le tube de l’été. Un animateur-producteur de France Inter, peu convaincu par les nouveautés reçues, ressort alors le disque de Bashung de son tiroir. Il le diffuse à l’antenne. Les standards explosent. Les auditeurs adorent.
Quinze jours plus tard, d’autres radios s’emparent du titre. Gaby oh Gaby devient un phénomène.
L’été 1980 est celui de la consécration : plus de 1,3 million d’exemplaires vendus au cours de l'été. Alain Bashung passe soudain du statut d’artiste en sursis à celui de révélation majeure de la chanson française. L’année suivante, il confirme avec Vertige de l’amour, imposant définitivement son style et son univers.
Dans la foulée, la maison de disques Barclay ressort l’album Roulette russe, en remplaçant deux titres par Gaby oh Gaby et Ça passe, relançant ainsi les ventes.
Pour la petite histoire, Boris Bergman glisse dans Gaby oh Gaby un clin d’œil à Charles Trenet et à La Mer avec cette phrase devenue culte :
« Tu veux que je te chante la mer, le long, le long des golfs pas très clairs… »
Alain Bashung venait de trouver sa place. Une place à part. Celle d’un artiste libre, poétique, audacieux, qui n’aura cessé ensuite de réinventer la chanson française jusqu’à devenir une référence absolue.